Le mercredi 11 février 2026, la Caribbean Philanthropy Week (Cariphil), organisée en Jamaïque, a offert une tribune majeure à la réflexion culturelle régionale. En effet, au cœur de cette rencontre, une session engagée a mis en lumière le rôle central des arts et de la culture comme instruments de libération, de résistance et de transformation sociale.
À cet égard, les échanges ont été animés par Kellie Magnus, Directrice exécutive du Caribbean Culture Fund, et Michèle Duvivier Pierre-Louis, Présidente du Conseil d’administration du Centre d’Art. Ensemble, elles ont souligné que la création artistique ne relève pas uniquement de l’expression esthétique, mais constitue avant tout un espace de reconquête de la mémoire, de l’identité et de la dignité des peuples caribéens.
Par ailleurs, les intervenantes ont beaucoup insisté sur le fait que l’art agit comme un langage universel capable de dépasser les frontières sociales, politiques et linguistiques. Ainsi, dans des sociétés marquées par l’héritage colonial, les inégalités structurelles et la fragilité économique, la culture s’impose comme un levier stratégique de cohésion et de développement durable.
En marge de cette session de haut niveau, le Caribbean Culture Fund a présenté les résultats d’une enquête inédite consacrée au financement de la culture dans la Caraïbe.
À préciser que ces données, particulièrement révélatrices, mettent en évidence les défis persistants auxquels font face les artistes et les institutions culturelles, notamment en matière d’accès aux ressources, de pérennité des projets et de reconnaissance institutionnelle.
Cependant, loin de se limiter à un simple diagnostic, cette étude appelle clairement à l’action. En ce sens, elle invite les bailleurs de fonds, les décideurs et les partenaires internationaux à repenser leurs stratégies d’investissement culturel, afin de soutenir de manière plus équitable, durable et structurée les initiatives artistiques locales.
À travers cette rencontre et la diffusion de ces résultats, la Caribbean Philanthropy Week réaffirme une conviction forte : la culture n’est ni un luxe ni un supplément d’âme. Au contraire, elle constitue un pilier fondamental de liberté, d’émancipation et de progrès collectif pour les sociétés caribéennes, aujourd’hui plus que jamais appelées à se réinventer par la force créatrice de leurs peuples.
Smith Prinvil @IMAJLA
