Après son différend avec son manager, Anie Alerte a décidé d’abandonner son nom de scène pour adopter celui de Zile. Selon elle, Zile n’est pas seulement un nouveau nom, mais aussi une nouvelle formation musicale, tout en conservant la même énergie et passion. Originaire du Cap-Haïtien, l’artiste reste déterminée à poursuivre son rêve de conquérir la scène musicale.
Zile est officiellement devenu son identité artistique depuis le verdict rendu par la justice il y a quelques années. Si Anie Alerte n’est plus Zile, Zile reste bel et bien Anie.
Pour suivre l’évolution de cette pépite de l’industrie musicale haïtienne (HMI), prenez le temps de lire cette entrevue.
Imajla) Après plusieurs années de carrière en solo, qu’est-ce qui vous a motivée à rejoindre Zile et à vous lancer dans cette nouvelle aventure musicale ?
Anie Alerte) J’ai un petit problème avec mon manager. Le manager que j’avais de 2016 à 2023, si je pourrais dire ça commence ça. Eeeuuh, malheureusement jusqu’à présent on est en poursuites judiciaires et il pareil que je ne peux pas utiliser le nom Anie Alerte, et comme ça je ne peux pas aussi me permettre de perdre ma carrière. J’ai décidé de faire un choix. Celui d continuer avec la musique, la chanson, ma carrière avec le nom de “Zile”, parce que comme Zile n’est pas seulement pour moi un groupe musical c’est comme une famille. Ce sont des gens qui croient en une certaine harmonie, dans le travail d’équipe, je me suis dit que c’était la plus belle formation que je pourrais avoir pour continuer ma carrière.
Imajla) Votre premier single avec le groupe, “Ayiti”, a été bien accueilli. Quelle est la vision artistique derrière ce projet et à quoi peut-on s’attendre pour la suite ?
Anie Alerte) Eh bien Haiti comme je le dis tantôt, c’est le passeport du groupe Zile. Quand on dit Zile cela veut dire un “Island”. Et ça, on a besoin d’un passeport pour voyager. Comme notre album sera nommé “Vwayaj”, on aura besoin d’un passeport. Haiti, je le considère comme celui du groupe Zile. Il démontre au monde entier que dans notre pays il n’est seulement question de cris de guerre où des gangs armés sèment la terreur et font la loi. On a aussi de sites touristiques. On a aussi de lieux qui peuvent attirer le monde par leur beauté paradisiaque : c’est ce qu’on a voulu faire passer comme message. Et pour moi, les gens ont reçu le message. Alors, je vais pas dire que c’est une chanson qui a conquis tout le public de l’industrie de la musique haïtienne ou encore qui a pu faire son petit bonhomme de chemin concernant de hit parce que vous connaissez en Haïti les chansons de hit ne passent pas comme ça. Mais pour un passeport, c’était bien. Et jusqu’à présent je reste motivée et fière.
Imajla) Passer d’une carrière solo à un projet collectif implique une nouvelle dynamique de travail. Comment vivez-vous cette transition et comment se passe la collaboration avec les autres membres du groupe ?
Anie Alerte) Oui ça demande beaucoup plus de concentrations. Parce qu’on le dit souvent :” si vous voulez arriver il faut faire ça en groupe”. C’est pas vrai, c’est plus difficile qu’être en solo. Parce que tu est en solo, tu sais ce que tu veux et ne veux pas. Contrairement en groupe, il faut apprendre à travailler l’esprit de l’équipe. Savoir écouter les autres puis faire passer leur messages et aussi les feelings (propositions).
Imajla) Votre parcours a été marqué par des défis, notamment le différend judiciaire avec votre ancienne manager. Comment cette expérience a-t-elle influencé votre approche de la musique et de votre carrière ?
Anie Alerte) Eh bien oui, malheureusement et heureusement. Comme je l’ai dit souvent: les grand guerres c’est pour les grand soldats. Moi, je fais partie de ceux-là, car la vie me donne beaucoup de guerres. Pas mal de grandes guerres. Mais on espère toujours. On avance toujours, c’est ça l’idée : on abandonne jamais. Il faut continuer. Quand tu veux quelque chose, il faut lutter et s’armer de courage. Il faut continuer malgré les dangers et périls.
Imajla) À travers cette nouvelle étape avec Zile, quel message souhaitez-vous transmettre à vos fans et à la scène musicale haïtienne en général ?
Anie Alerte) Haiti avant tout, voilà le message. Il est clair. Le son, la couleur et la beauté de notre pays. Le bonheur qui y existe en dépit de toutes ces peines. Ces incertitudes. Il y a dans ce pays toute une partie de bonheur on ne peut se permettre de dire que c’est seulement le chaos. Moi je garde l’espoir. Il y a toujours de l’espoir pour Haiti.
Entrevue menée par Kerby Vilma