Jean Élie Fortuné, le regard d’Haïti dans tous les sens

Jean Élie Fortuné, le regard d’Haïti dans tous les sens

Né le 30 octobre à Carrefour, Jean Élie Fortuné est un photojournaliste très apprécié pour la justesse et la profondeur de son travail. Ses clichés sont vendus à des agences étrangères, et depuis 2024, il collabore avec Haïti Magazine. Plongée dans l’univers de ce jeune professionnel de l’image, passionné et engagé.

Caméra ou téléphone à portée de main, Jean Élie Fortuné consacre désormais sa vie au photojournalisme. Souvent au cœur des conflits les plus terribles, auprès des personnes déplacées, ou encore aux côtés des grandes figures culturelles d’Haïti, engranger des images est devenu pour lui un véritable acte d’amour et de témoignage.

« J’ai toujours eu une passion pour l’image, pour la capture des moments tels qu’ils sont », confie-t-il. « Avec le temps, j’ai compris que la photographie n’est pas seulement le fait d’appuyer sur un bouton, mais une manière de raconter des histoires, de conserver des émotions et des réalités. » Il se souvient encore de sa première rencontre avec la photographie : « Une expérience simple, mais qui m’a fait réaliser à quel point une image peut parler plus fort que les mots. » Depuis ce jour, il a décidé d’aller plus loin dans ce domaine, en quête d’excellence.

Comme beaucoup d’artistes de l’image, Jean Élie Fortuné a un mentor. Celui qui l’a guidé et inspiré dans sa passion est le journaliste canadien Étienne Côté Paluck. « C’est quelqu’un qui possède non seulement une grande maîtrise technique, mais aussi une vision profonde de la manière d’utiliser la photo pour changer le regard porté sur Haïti », affirme-t-il avec reconnaissance.

Observateur attentif du monde qui l’entoure, Jean Élie Fortuné capture les choses et les êtres que l’on croit sans intérêt, mais qui, pour lui, recèlent un poids d’émotions. Toujours à l’affût des événements, il documente honnêtement son travail de témoin. Il appartient à cette race de photo-reporters qui, selon ses mots, « témoignent par l’image ».

En Haïti, le photojournalisme est devenu un métier que l’on exerce avec passion, malgré les nombreux dangers qu’il comporte. Des jeunes comme ce natif de Port-au-Prince s’y engagent pleinement, faisant de cet art un porte-étendard, un moyen direct de capturer ces instants de violence et de peur qui planent sur le pays.

Membre du collectif de photographes “Kolektif Zantray”, il prête son savoir-faire artistique à Haïti Magazine depuis novembre 2024. Le jeune photojournaliste collabore également avec des journaux internationaux tels que La Presse de Montréal et le Miami Herald.

En août 2025, Jean Élie Fortuné a exposé ses œuvres pour la première fois lors du festival ImajAyiti-FestiFoto, organisé à la bibliothèque Michèle Tardieu de Pétion-Ville. Une belle étape pour celui qui espère, comme il le dit lui-même, « devenir le photographe qu’il souhaite être ».

Texte : Kerby Vilma

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