Entre renaissance et résilience : Antonny Drew lève le voile sur Rémission

Entre renaissance et résilience : Antonny Drew lève le voile sur Rémission

Dix ans après un premier album remarqué, Antonny Drew revient avec une œuvre très attendue. Son deuxième projet, intitulé Rémission, sort ce 26 septembre. Plus qu’un simple titre, ce mot lourd de sens résonne comme une promesse de renaissance et de libération. Depuis ses débuts, il s’est imposé comme une voix singulière, capable de naviguer entre douceur et intensité. Son premier opus avait posé les bases de son univers : une écriture sensible, une musicalité riche et une sincérité qui touche son public. Avec Rémission, l’artiste franchit une nouvelle étape de son parcours, à la fois plus intime et plus assumée.

Une tournée remarquée en Haïti

Avant de préparer ce retour en studio, Antonny Drew a connu une expérience marquante : une tournée réussie en Haïti aux côtés d’Anie Alerte. Ce passage sur l’île a renforcé sa connexion avec un public vibrant et chaleureux. Partager la scène avec une artiste de la trempe d’Anie Alerte a nourri sa créativité et confirmé son désir d’élargir ses horizons musicaux.

Derrière le titre : une confession bouleversante

Si Rémission résonne avec autant de force, c’est parce qu’il s’agit d’un album profondément personnel. Antonny a choisi de lever le voile sur des blessures longtemps enfouies, mêlant ses souvenirs d’enfance, ses luttes intérieures et son chemin vers la guérison.

« Bon… j’ai un truc à vous dire. Je vous ai dit récemment que j’attendais la sortie de cet album avec autant d’impatience que de peur. Je ne vous ai jamais vraiment parlé de moi, parce qu’en réalité, ce n’est pas quelque chose que j’aime faire. »

Il raconte une enfance marquée par le dénigrement paternel.

« Mon père a transformé une enfance banale en quelque chose de pénible. Ses dénigrements m’ont gâché la vie et m’empêchaient de créer de la musique. Il me fallait parfois neuf mois pour sortir quelque chose, jusqu’au jour où je n’y arrivais plus du tout. »

Ces blessures, aggravées par un syndrome de l’imposteur et une peur constante du jugement, ont longtemps freiné sa créativité. Pourtant, malgré ces obstacles, il a persisté.

Antonny évoque aussi ses amnésies, comme un mécanisme de survie.

« Quand quelque chose me perturbe, je l’oublie immédiatement. Ma sœur dit que mon cerveau fait des choses pour que je me sente bien. Depuis plus d’un an je me soigne, c’est long, c’est dur, mais j’y arrive. D’ailleurs, je reparle à mon père après neuf ans ! »

La révélation la plus marquante reste celle d’un souvenir douloureux revenu à la surface : une agression subie dans son enfance par un homme politique encore en poste.

« En juin dernier, je me suis souvenu qu’enfant, j’avais été agressé sexuellement. Je l’ai rencontré pour lui dire que je me souvenais de ce qu’il avait fait… il tremblait… puis m’a proposé de l’argent en guise de réparation avant de se raviser. Terrible… »

C’est ce poids, cette souffrance et ce chemin vers la libération qui donnent tout son sens à l’album.

« L’album qui arrive s’appelle Rémission et maintenant vous savez pourquoi. C’est le combat d’un homme pour ne plus se laisser contrôler par l’enfant blessé qui vit encore en lui. J’essaye comme je le peux, un peu chaque jour, de prendre soin de lui. »

Des thématiques universelles

À travers ces confidences, on comprend que Rémission n’est pas seulement une introspection, mais aussi une œuvre tournée vers l’universel. Amour, douleur, pardon, foi et joie retrouvée semblent en être les piliers. Chaque morceau apparaît comme une étape d’un parcours où l’intime rejoint le collectif.

Une expérience musicale riche

Fidèle à son identité, Antonny mêle influences soul, pop, caribéennes et urbaines. Ce métissage sonore, marque de fabrique de l’artiste, lui permet de toucher un large public tout en restant profondément authentique.

Un projet attendu par le public

Pour ses fans, Rémission est bien plus qu’un simple retour. C’est la suite logique d’un artiste qui n’a cessé d’évoluer, de se réinventer et d’approfondir son art. Cet album porte l’empreinte d’un moment fort de sa carrière : celui où il se dévoile sans fard, avec une sincérité désarmante.

Nous avons rencontré Antonny Drew pour une entrevue exclusive où il se confie sur son parcours, ses luttes et la renaissance qui habite ce nouvel album. »

1-Imaj La) Le mot Rémission évoque autant la guérison que la renaissance. Derrière ce titre, parles-tu d’une victoire personnelle, d’un combat intime ou d’un message universel ?

R-AD) Pour moi, Rémission est tout ça à la fois. C’est d’abord une victoire personnelle, parce que j’ai dû me battre longtemps contre mes propres doutes et mes blessures intimes. C’est un combat intérieur qui m’a souvent freiné dans ma musique. Mais c’est aussi un message universel : chacun vit des épreuves, chacun a des cicatrices. J’aimerais que cet album rappelle qu’on peut se relever, qu’on peut transformer ses blessures en force.

2-Imaj La) Ton premier album t’a révélé à un large public. Avec Rémission, que veux-tu montrer de nouveau de toi, en tant qu’homme et en tant qu’artiste ?

R-AD) Mon premier album Story était plus éclectique, parfois un peu décousu. Il représentait une page de ma vie à un instant T, avec l’envie de montrer différentes facettes sans forcément chercher une cohérence globale. Avec Rémission, c’est différent : c’est un album beaucoup plus personnel, et abouti à travers lequel je montre l’homme que je suis devenu. J’ai appris à accepter mes failles et à les assumer. Chaque titre a un sens, une place, et l’ensemble raconte une histoire, la mienne. Je voulais que ce projet soit plus qu’une collection de chansons : un véritable voyage intérieur.

3-Imaj La) La création d’un deuxième album est souvent un défi. As-tu ressenti une pression particulière, ou au contraire une liberté nouvelle pour t’exprimer ?

R-AD) Il y a forcément eu une part de pression, parce que beaucoup attendaient ce deuxième album depuis longtemps. Mais avec le recul, j’ai surtout ressenti une forme de maturité qui m’a donné plus de liberté. J’ai appris à ne plus courir après les attentes extérieures et à me concentrer sur ce que je voulais vraiment dire. Contrairement à mon premier album, qui était plus spontané, Rémission est un projet mûri, construit, pensé comme un tout. C’est cette maturité qui m’a permis d’aller plus loin et d’assumer pleinement mon identité artistique.

4-Imaj La) Ta tournée en Haïti avec Anie Alerte a marqué un moment fort de ton parcours. Qu’as-tu appris de cette expérience scénique et de ce public si particulier ?

R-AD) C’était une expérience incroyable. Le public haïtien a une énergie unique : il vit chaque note avec une émotion brute. J’ai ressenti une connexion très forte, presque instinctive. Cette tournée m’a appris l’importance de la sincérité sur scène. Quand tu es vrai, ce public te donne tout en retour. 

5. Tu as eu l’occasion de collaborer avec des artistes haïtiens. Quelle a été ton expérience : un échange enrichissant, des défis, ou une révélation artistique ?

R-AD) Avant tout, ça a été une rencontre humaine. Ces collaborations m’ont montré à quel point la culture haïtienne est riche et vibrante. Avec ces artistes, il y avait une vraie évidence, parce que nous parlons le même langage : celui de la musique, et notamment du kompa, qui est une passion partagée. Travailler avec eux, c’était comme rejoindre une famille artistique, avec la même énergie, la même authenticité, le même amour pour la musique.

6-Imaj La) Si tu devais décrire Rémission en trois émotions ou trois images fortes, lesquelles choisirais-tu ?

R-AD) Je dirais :

  • Une cicatrice qui se referme → parce que l’album parle de guérison.
  • Une lumière qui perce l’ombre → parce qu’il symbolise l’espoir qui renaît.
  • Un souffle nouveau → parce que c’est ma renaissance artistique et personnelle.

Avec Rémission, Antonny Drew ne signe pas seulement un retour discographique : il offre une œuvre qui promet d’être à la fois introspective et universelle. Rendez-vous le 26 septembre pour découvrir cette nouvelle page de son histoire musicale.

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